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L’évolution du travail à l’ère numérique – 5

Patrice Flichy, dans son livre Les nouvelles frontières du travail à l’ère numérique (éditions Le seuil 2017) analyse la continuité travail – loisir. Elle s’est amplifiée depuis quelques années pour plusieurs raisons : la perte de sens du travail en entreprise incite les salariés à travailler autrement, si possible en faisant ce qui les intéresse vraiment ; l’individualisme pousse chacun à être reconnu par une production personnelle et visible ; la souplesse et la flexibilité sont réclamées pour avoir un équilibre de vie meilleur… Les technologies numériques permettent de travailler de chez soi en relation avec un réseau important et surtout elles permettent de se faire connaître et de vendre en direct à des clients situés dans tous les pays, clients qui peuvent être des pairs ou des entreprises. Ainsi des hobbys deviennent des métiers, des passions enfouies peuvent sortir au grand jour, la créativité peut s’exprimer dans un environnement de collaboration ouvert à l’image des hackers informatiques.

 

Ces nouvelles formes de travail sont favorisées par des améliorations réglementaires (micro-entreprises) et correspondent aussi à ce que les entreprises souhaitent : avoir des indépendants dans leur écosystème, à la fois motivés, disponibles et experts pour des domaine précis.

 

Ces nouvelles formes de travail sont donc bien attrayantes puisqu’elles opèrent la jonction entre passion – travail – loisir, mais sur le plan financier, qu’en est-il ? Patrice Flichy reconnaît qu’il faut revoir ses prétentions à la baisse, que les personnes sont souvent partiellement au moins dans le don et l’échange, tant elles sont passionnées. Elles acceptent une certaine frugalité, ou bien il s’agit d’un travail complémentant un salariat peu épanouissant ou encore c’est un revenu d’appoint dans un couple. Peu importe, la tendance est forte, la croissance des travailleurs indépendants par choix est de l’ordre de 10% par an.

 

J’ajouterai à cela que trois possibilités s’offrent aux indépendants : se débrouiller seul pour faire ses affaires ce qui nécessite un sens commercial bien développé et assumer des revenus chaotiques, travailler à travers une plateforme en acceptant leurs ponctions financières, rejoindre un réseau de travailleurs indépendants qui fournit des moyens logistiques et administratifs (par exemple le portage) et surtout, un environnement de collaboration pour faire avec d’autres ce qu’il est difficile d’entreprendre seul. La jonction travail – passion peut réellement permettre de vivre décemment à condition de se former et de rejoindre le bon réseau.